Exposition : « La jungle de Calais » – Ben art core (photographie militante)

Dimanche 10 janvier 2016 – 19h – Prix libre

Exposition de photographie militante sur « la jungle de Calais » de Ben Art Core

dans le cadre de la soirée au soutien du collectif Soutien Migrants 13!

 

10 janvier final A3

 

 » La jungle de Calais  » (Ben Art Core)

 
Octobre 2015
 
Ils sont des milliers à passer, vivre, ou plutôt survivre dans la jungle de Calais. Sans papiers, migrants en transit, tous cherchent à atteindre l’île sur laquelle ils fondent tous leurs espoirs de pouvoir enfin vivre dignement, l’Angleterre.
 
 
Mais cette terre qu’ils imaginent accueillante est une véritable forteresse impénétrable, ou presque.
 
 
Alors, en attendant, comme la France ne leur donne aucun moyen pour se nourrir, se vêtir ou se loger, c’est la grande débrouille.
Bicoques de fortune, restaurants provisoires, coiffeurs éphémères, ces milliers de personnes, de familles, cohabitent dans une véritable mini ville dépourvue d’eau, d’électricité, de chauffage, de murs de briques… Un honorable village en carton dans lequel chacun met la main à la pâte pour tenter de construire, le temps de leur passage qu’ils espèrent bref, une vie en communauté avec… rien. Un bidonville géant entouré de 60 km de grillage par les autorités locales.
Et c’est ainsi que le tenancier qui a monté un petit restaurant de palettes et de bâches, peut demain disparaitre pour passer à son tour la frontière… parfois y arriver… ou revenir, les mains déchiquetées par les barbelés… ou finir sa vie là, comme cette jeune fille de trente ans qui dernièrement s’est faite écrasée par un camion en tentant la grande traversée. Et c’est comme ça que va et s’en va la vie dans la jungle, avec chaque jour des nouveaux départs, et chaque jour de nouvelles arrivées. Même si ces dernières sont bien plus nombreuses.
Comme vous le savez, ou peut être ne le savez pas, les migrants, eux, sont très accueillants. Celui ou celle qui viendra à leur rencontre se verra invité à prendre un thé dans une tente, offrir des oeufs à la tomates dans une autre, invité à jouer aux cartes, bref à partager un moment chaleureux… La solidarité est extrêmement présente, certainement autant qu’elle est nécessaire. Même si dans un tel contexte, on peut bien sûr imaginer que les tensions sont aussi extrêmement présentes.
 
Si vous passez par la jungle vous rencontrerez aussi leur singularité. Alors que la grande précarité dans laquelle ils se trouvent les affublent des habits les plus ternes, on peut découvrir des vies colorées qu’ils menaient avant d’en arriver là, certaines parfois tellement communes aux nôtres. L’un était DJ, l’autre étudiant, enseignant… et il y a les enfants, qui malgré l’horreur quotidienne arrivent encore à s’émerveiller devant l’appareil photo.
Mais il y a aussi les autres, les autochtones. Certains sont solidaires, mais bien souvent les démonstration de solidarité viennent de plus loin, jusque des Pays bas même. Parce que les riverains, et une partie considérable des habitants de Calais en ont marre. Marre de voir la misère qui s’étend au seuil de leur porte. Marre de la ville glauque qui est la leur, du manque de perspectives offertes pour les migrants, de la façon dont ces gens sont traités… mais aussi de leurs propres manques de perspectives avec un chômage important dans la région, un manque de considération de leurs dirigeants ici comme ailleurs.
C’est ainsi que pour les migrants en transit, un obstacle supplémentaire s’ajoute au tableau noir de leur quotidien, des manifestations racistes de plus en fréquentes, des disparitions, des tabassages, … En plus donc du froid, des maladies dues à la promiscuité et au manque de soin, la malnutrition, le risque de la traversée qui chaque jour fait son lot de blessés parfois graves voire mortels, en plus de tout cela vient s’ajouter la rage et la frustration perdue de certains Calaisiens devenus fachos. »
 
(Texte: Laure Miège / Collectif Krasnyi)

 

 

 » Ils ou elles sont médecins, professeurs, avocats, originaires de Syrie, de Tunisie, d’Irak, de Mauritanie, du Soudan et d’Erythrée pour la plus part, ont quitté leur pays en guerre ou pour cause sanitaire comme Ebola. Tous ont traversé la Méditerranée dans des bateaux de fortune. Ces hommes, ces femmes, ont marché pendant des jours, des semaines, voire des mois pour survivre.
Aujourd’hui, ils vivent dans la « jungle » de Calais. Ils seraient 4500 réfugiés selon les chiffres du Ministère de l’Intérieur à composer le plus grand bidonville de France.

La majorité veut traverser la Manche et rejoindre l’Angleterre pour y retrouver un oncle, un cousin, un frère et espérer une meilleur vie et pourquoi pas un jour, rentrer dans leur pays.

Le jour, des bénévoles venus du monde entier aident les réfugiés à construire des habitats en bois, et distribuent de la nourriture.
Le soir, les migrants doivent souvent faire face aux gaz lacrymogènes des CRS.

Dans la « jungle », au milieu des tentes, on slalome entre chaussures, canettes et sacs plastique. La vie s’organise. On aperçoit des églises et des mosquées. Une association a monté un théâtre, pour permettre aux réfugiés de s’exprimer. Du côté des Afghans, on trouve des restaurants, des épiceries et même quelques « hôtels ». Faute de douches, les réfugiés font leur toilette au robinet, dehors, dans la boue. Difficile d’imaginer que tout cela puisse exister sur le territoire français. »

 

(Texte de Leslie Carretero)

 

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