Burn in Hell

Noir, amer, mélancolique, entêtant… Burn in Hell est un mélange valsant évoquant parfois Nick Cave ou Tom Waits. Je n’en parlerai pas mieux que Zeu Western Manooch au sujet de leur dernier album :

On aurait adoré être enfermé avec eux, passer des heures à les regarder embraser leurs idées. On aurait surement compris ce que franchir le Styx pouvait signifier. Rarement aura-t-on « vu » une musique nous arpenter le cortex aussi rageusement, s’étirer, rugir ou soudain faire patte de velours, sans qu’à aucun moment la prochaine beigne émotionnelle ne soit prévisible.


Comment vous les décrire ? Imaginez des pirates punks largués là dans le dernier port du bout du bout, avec pour seule alternative d’y honorer quelques putes à crack toujours vierges, d’y écluser un vieux mezcal à l’aplomb d’un zinc gras de toutes les glaires du monde. Imaginez dans un coin du bouge, deux ou trois bluesmen en haillon jouant du Chopin sur un clavier taillé dans les os de quelques enfants bouffés par le scorbut. Vous y êtes ? Et bien on est encore bien loin de la vérité !
Pour tout dire, ce disque n’est qu’une irrésistible inondation – toutes digues broyées, granges et roadhouses, églises et disco club, prisons et bordels y flottent au gré d’un courant irrépressible.
En clair, cette musique est épuisante comme les étreintes de toute une nuit, déroutante comme un sommeil drogué, insaisissable autant que passionnante, à l’instar de nos vies qui brûlent à en crever. Dr Awkward est un labyrinthe dont la découverte se fait ivre…Aucune chance d’en sortir vraiment !

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http://www.burninhell.com.au