La Cabane

Manu Morvan

Il s’agit d’une construction / installation en bois de récupération, endosquelette qui redistribuera un espace que d’autres plasticiens, vidéastes, designers sonores et performers sont invités à habiter.
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Investissant le volume de l’Asile dans sa verticalité, cette construction prend la forme d’une cabane, d’un cocon, d’une grotte… L’objectif est de laisser la possibilité au public d’interagir avec la construction, de l’habiter et de s’y perdre. Cet univers fait de bois, contrastant fortement avec l’environnement urbain, engloutit le spectateur.
De nombreux artistes et performeurs sont invités à compléter l’installation, avec son, image et matière, comme autant de fenêtres ouvertes sur d’autres mondes.
Tour à tour installation collective, lieu d’expérimentation artistique, scène, la structure de la cabane est modulable : s’adaptant à chaque intervention, elle est une grande boîte en bois aux tiroirs sans fonds…
http://manumorvan.blogspot.fr/2014/04/la-cabane.html

A travers cette proposition, nous évoquons donc les questions du nomadisme et du logement temporaire à l’heure où la crise de l’espace fait la ville d’aujourd’hui (notamment Marseille, qui a vu les loyers s’envoler en 10 ans, appelant à des nouvelles formes d’habitat). Ce nomadisme qui fut la liberté d’hier est devenu la précarité d’aujourd’hui. Nous n’avons plus accès à la nature et la ville, menaçante, isolante du reste du monde, ne laisse pas de place pour tous, si ne n’est quelques abris de fortune (camps, tentes, squats, appartements insalubres…). Cette précarité commence à faire civilisation puisque des habitudes de vie conséquentes sont créées, à commencer par la capacité à se constituer un Abri spatial, social, affectif, sur des bases autres. La Cabane est une proposition d’Abri, éphémère mais ouvert, à partager, à explorer, à habiter ensemble. En cela, cette « sculpture » n’est pas un objet patrimonial, beau pour lui-même, elle n’est pas un objet du tout, elle n’est que de l’espace. Le bois est un prétexte, une entrée en matière (!) pour l’œuvre primordiale : l’occupation et l’activité que ce lieu protéiforme va générer, non seulement entre les artistes qui la prévoient mais avant tout au sein du public qui la vivra : rencontres, égarements, surprises sonores ou scéniques, nous espérons une fois encore, bâtir une vraie hétérotopie : Nous serons en cet abri, libres et heureux !